Cédéao – AQMI (Al-Qaida au Maghreb islamique) envisage de s’en prendre au Sénégal

Le Sénégal dans la ligne de mire d’al-Qaida

 Crédits photo : -/AFP

Le voisin sud de la Mauritanie est le dernier pays de la région en date à être dans la ligne de mire des extrémistes violents.

Par Bakari Gueye pour Magharebia à Nouakchott – 26/06/12

Alors que le Sénégal se prépare à envoyer des soldats au Mali dans le cadre d’une force régionale de stabilisation, un nouveau rapport indique qu’al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) envisage de s’en prendre à cet Etat d’Afrique de l’Ouest.

Le journal dakarois Le Quotidien a écrit le 21 juin que « les services de renseignements ont intercepté des menaces précises d’attaques de cette organisation islamiste armée qui se réclame d’al-Qaida contre le Sénégal. L’organisation terroriste qui opère dans le Maghreb et au Sahel, notamment en Algérie, au Mali, en Mauritanie et au Niger, veut maintenant ajouter le Sénégal à sa liste des pays à combattre. »

« Elle considère désormais le Sénégal comme un pays ennemi, puisqu’il a décidé d’envoyer des troupes au Mali dans le cadre de la Mission de la CEDEAO au Mali (MICEMA)« , ajoute le journal, expliquant que cette menace a été confirmée par des sources de renseignement occidentales et est prise au sérieux par les autorités sénégalaises.

Les autorités militaires sénégalaises ont affirmé que cette menace n’affaiblira pas leur détermination à participer à cette mission. Elles ont expliqué que leur pays, qui a participé à des missions de maintien de la paix dans des régions très éloignées de ses frontières, n’hésitera pas à s’engager dans une mission dont les objectifs sont de résoudre une crise à ses portes.

« Le Sénégal et le Nigeria sont les deux pays qui vont pourvoir le plus d’hommes pour la MICEMA, ce qui se justifie par le fait qu’ils constituent l’ossature de la Force en attente de la CEDEAO », a expliqué le journaliste sénégalais Mamadou Diallo.

« La MICEMA compte 3 270 hommes, et les modalités du déploiement militaire au Mali ont été arrêtées à Abidjan, samedi 16 juin, par les responsables de la Force en attente, à l’occasion d’une concertation d’urgence du Comité des chefs d’état-major des armées des pays membres de la CEDEAO sur la situation au Mali », a-t-il ajouté.

Il a poursuivi en expliquant que « la MICEMA, qui bénéficiera de l’appui de l’ONU, aura pour mission principale de rétablir la paix et la sécurité à Bamako en assurant notamment la sécurité des autorités de transition. De plus, les troupes de la MICEMA se déploieront dans le nord du Mali pour reconquérir cette zone prise par les mouvements rebelles comme le Mouvement national de libération de l’Azaouad (MNLA), les islamistes d’Ansar Dine et AQMI elle-même. »

[AFP/Desirey Minkoh] L’ancien envoyé spécial des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest, le général Lamine Cissé, a déclaré qu’une collecte approfondie de renseignements était nécessaire avant d’envoyer des troupes dans le nord du Mali.

« Ce sera une mission difficile, d’autant que ces mouvements islamistes ont déjà pris leurs marques en essayant d’instaurer dans cette partie du Mali un Etat islamique régi par la sharia », a ajouté le journaliste.

L’intervention de la CEDEAO « ne doit plus être retardée », de l’avis de l’ancien chef d’état-major de l’armée sénégalaise et ancien envoyé spécial des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest, le général Lamine Cissé. Il a également souligné l’importance de « la qualité des renseignements nécessaires avant l’envoi de troupes dans le nord du Mali ».

« En matière de combat, ce ne sont pas uniquement les effectifs qui comptent. Le rapport des forces dépend également des capacités et de l’équipement de l’ennemi. De ce point de vue, l’évaluation précise de la situation sur place est indispensable avant d’envoyer des troupes. D’autant que sur ce théâtre d’opérations il y a les rebelles du MNLA, qui revendiquent un territoire, et les djihadistes, qui ont un tout autre agenda. Cela complique la situation », a ajouté cet ancien général.

Le général Cissé a par ailleurs préconisé : « Il faut couper ces groupes armés des populations en favorisant le développement économique de la zone et en répondant aux besoins essentiels des habitants. On peut ainsi éviter qu’ils ne fraternisent avec l’ennemi, qui lui, au contraire, va chercher des appuis locaux. Ne serait-ce que pour se dissimuler. Avec un risque de guérilla urbaine, qui est à envisager. Pour éviter cela, le renseignement est capital. »

« Les services spéciaux doivent obtenir un maximum d’informations : effectifs, nature de l’armement, nombre de véhicules, caches d’armes, relations avec les populations », a-t-il poursuivi. « Il faut savoir ce qu’il y a de l’autre côté. »

Ce contenu a été réalisé sous requête de Magharebia.com.

Source : Magharebia.com

★ Des armes de Kadhafi récupérées par Aqmi au Sahel (lien)

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