Burkina : Le régime de Compaoré face à la colère croissante, les manifestations multiples et les mutineries

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Blaise Compaoré est devant l’une des plus graves crises que son régime a connu depuis qu’il est arrivé au pouvoir par un coup d’État en 1987.

Après les récentes manifestations d’étudiants, celles d’opposants, celui du mouvement des juges des avocats et greffiers, et aussi celles du mouvement contre la vie chère et encore après les précédentes mutineries au sein de l’armée burkinabè, c’est au tour du régiment présidentiel de se rebeller… Blaise Compaoré se retrouve contraint de limoger le gouvernement et le chef de l’armée.

Blaise Compaoré, président du Burkina Faso (DR)

Aux environs du palais présidentiel

 Des dizaines militaires du régiment présidentiel, qui est pourtant composé des éléments les plus performants et les mieux payés de l’armée du Burkina Faso, se sont mutinés jeudi soir à Ouagadougou.

Le mouvement est d’autant plus inquiétant qu’il a commencé à quelques mètres du palais présidentiel, dans le périmètre d’une vingtaine d’hectares qui abrite ce dernier. Puis il s’est rapidement étendu à une autre caserne située à environ 3 km, où logent d’autres éléments du régiment présidentiel, dont la plupart de ses officiers. C’est de là que sont sortis les soldats, la plupart à pied et tirant en l’air. Autre signe peu rassurant pour Blaise Compaoré: situé dans cette dernière caserne, le domicile de son chef d’état-major particulier, le colonel-major Gilbert Diendiéré, a été saccagé.

Après avoir effectué des tirs avec des armes lourdes et légères pendant plusieurs heures dans leurs casernes, ils sont sortis dans les rues pour exprimer leur colère. Selon un officier du régiment ayant requis l’anonymat, ils protesteraient contre le non-versement d’une indemnité de logement qui leur aurait été promise.

Selon une source militaire, Blaise Compaoré avait quitté la capitale Ouagadougou, dans la nuit de jeudi à vendredi, pour sa ville natale de Ziniaré, situé à une trentaine de kilomètres, avant de revenir vendredi matin. Des « discussions » étaient en cours avec les mutins ce vendredi pour qu’ils déposent les armes. Mais après une accalmie, les tirs avaient repris à proximité des trois casernes de Ouagadougou, selon  une source militaire à l’AFP

Le président Compaoré contraint de dissoudre le gouvernement

Après ce nouveau mouvement de colère des soldats dont des éléments de sa propre garde présidentielle, Blaise Compaoré a pris la décision de dissoudre le gouvernement.

Par un décret lu ce vendredi soir à la radio nationale, le gouvernement du Premier ministre Tertius Zongo est dissous, tous les ministres sont renvoyés immédiatement et ce sont les secrétaires généraux des ministères qui vont assurer les affaires courantes en attendant la nomination d’un nouveau Premier ministre et d’un nouveau gouvernement.

La grogne des militaires a donc entraîné vendredi soir 15 avril la chute du gouvernement. Le chef d’état-major et le chef de corps de la garde présidentielle ont également été écarté. C’est la première fois, depuis le retour à la vie constitutionnelle au Burkina en 1991 qu’un gouvernement est dissous, c’est la preuve que la crise est jugée suffisamment grave par Blaise Compaoré. (AFP)

Révolte sur révolte 

Les mouvements de contestation du président qui se multiplient ces derniers mois ont été précédée par un mouvement de contestation de jeunes étudiants à la suite du meurtre, fin février, d’un des leurs lors d’une manifestation. D’autres mobilisations s’étaient produites par la suite dans tout le pays, faisant au moins six morts, dont quatre étudiants.

Le point de départ, c’est la mort de Justin Zongo, collégien à Koudougou, le 20 février. Le jeune homme est officiellement décédé d’une méningite, mais pour ses camarades il a succombé aux mauvais traitements que lui ont infligés les forces de police. De Koudougou, les manifestations ont essaimé à Poa, Koupéla,  Ouahigouya, Pouytenga, avec pour cibles principales toutes les représentations de l’État. Commissariats et préfectures ont ainsi été saccagés et brûlés. La réponse de la police a été brutale. Bilan : six morts, dont un élève de CE2.

Vie chère et corruption

Depuis, les revendications ont pris une autre dimension. Dans les rues, on entend parler de Blaise Sidiani, d’Émile Zigani, abattus en 1995, de Flavien Nébié, mort en 2000, et même du journaliste Norbert Zongo, décédé dans des circonstances toujours non élucidées. On parle de corruption, de vie chère, de népotisme et de révolutions arabes… « Les étudiants demandent plus de justice et plus de liberté, déclare Mahamadou Fayama de l’Association nationale des étudiants burkinabè.

Dernier en date, il y a une semaine, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Ouagadougou et dans plusieurs villes de l’intérieur  du Burkina Faso contre le régime hyper-autoritaire qui semble prendre l’eau de tous bords.

Photo LE FASO. NET

Sources avec Jeune Afrique, AFP, Le Faso.net


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