Burkina Faso: le président Compaoré condamne la mutinerie des militaires, La furie incendiaire se poursuit

La furie incendiaire se poursuit au Burkina Faso

Pas de répit au Burkina Faso, au lendemain de l’adresse à la Nation du Président Blaise Compaoré. Les élèves de Tenkodogo, localité située à 180 km au Centre-Sud de Ouagadougou, réclamant justice pour Justin Zongo, un élève mort dans des conditions suspectes, s’en sont pris ce jeudi matin, aux symboles de l’Etat et aux biens de quelques dignitaires du régime Compaoré originaires de la région. Dans une furie incendiaire, les manifestant ont saccagé et brûlé le Haut-commissariat, les résidences du Gouverneur de la région et aussi celles du chef de la diplomatie burkinabè, Alain Bédouma Yoda et Marie-Odile Bonkoungou, le ministre de l’Education nationale. Ils ont aussi incendié le siege local du Congres pour la Democratie et le Progres (CDP), le parti au pouvoir. Mercredi, au cours de son intervention radiotélévisée, Blaise Compaoré déplorait « les nouvelles pratiques de revendication qui consistent à s’attaquer aux symboles de l’Etat, à détruire systématiquement les biens publics et privés », ce qui disait-il « constituent une dénégation de la tradition de lutte qui a traversé les générations passées ». A l’occasion, il appelait à « un sursaut de la part des forces politiques et sociales empreintes de patriotisme et de civisme, afin que le respect de la République et du patrimoine commun soit davantage enraciné. » Selon toute vraisemblance, cela n’a pas été entendu par les scolaires de Tenkodogo.

http://www.afrik.com/breve29369.html

Couvre-feu sans accalmie au Burkina Faso

Blaise Compaoré entame des concertations tous azimuts

Confronté à une mutinerie d’une frange de son armée, Blaise Compaoré, le Président burkinabè, entreprend dès ce jeudi des concertations tous azimuts alors que la fronde militaire s’amplifie. Les militaires révoltés ont encore tiré la nuit de mercredi à jeudi, malgré le couvre-feu.

De notre correspondant

La grogne des militaires fait bouger Blaise Compaoré. Imperturbable sur lesmouvements de contestation scolaires et estudiantines – qui ont d’ailleurs repris aujourd’hui à Tenkodogo -, le Chef de l’Etat burkinabè, confronté à une mutinerie d’une partie de son armée, prend langue ce jeudi avec les représentants de ce corps. Une rencontre qui a lieu alors que la tension est toujours perceptible. Dans la nuit de mercredi, les militaires ont encore fait crépiter les armes à Ouagadougou et dans d’autres garnisons de l’intérieur du pays, malgré un couvre-feu de 21h à 6h du matin, décrété à la surprise générale, quelques heures après l’adresse à la Nation du Chef de l’Etat.

Dans son discours radiotélévisé, Blaise Compaoré a condamné les violents mouvements des militaires. Jugeant leurs agissements « contraires à l’éthique et à la morale militaire », le président burkinabè a prévenu que « ces contestations ne sauraient être tolérées dans un Etat de droit » et promis de prendre « des mesures vigoureuses pour la protection de l’ensemble des populations et la sécurisation des biens publics et privés ».

Le pouvoir dans la tourmente

Commencée par le rejet de décisions de justice prononcées à l’encontre de militaires impliquées dans des affaires de mœurs avec des civils, la contestation partie des garnisons de Ouagadougou, il y a une semaine, a vite embrasé celles de Fada N’Gourma, de Tenkodogo, de Gaoua et de Banfora, se muant en mutineries.

Pour autant, les revendications des frondeurs restent floues et divergentes. « La situation est complexe. A l’origine, c’était pour contester le verdict prononcé contre les militaires. Cependant, on a noté que ceux de Fada N’Gourma veulent marcher sur Ouagadougou, les militaires de Gaoua parlent de primes, tandis que ceux de Ouagadougou contestent le verdict et sont mécontents des excuses présentées par le Chef d’Etat Major général des armées aux civils suite aux exactions de la troupe. Ils pensent qu’un chef militaire ne s’excuse pas, il n’est pas politique, il n’a pas été élu non plus », a confié à Afrik.com, une source militaire.

Jusque là dirigée contre la justice et les civils, la colère des soldats a désormais pris pour cible la haute hiérarchie militaire et les bonzes du parti au pouvoir. Simon Compaoré, l’édile de Ouagadougou et par ailleurs n°3 du parti au pouvoir, en a fait les frais hier. Il a été copieusement passé à tabac par des militaires qui s’en sont également pris au Chef d’Etat Major général des armées et au ministre de la Sécurité. Leurs domiciles ont été pillés et incendiés. Porté au pouvoir par l’armée, le contrôle de la troupe échapperait-il à Blaise Compaoré ? Le principal intéressé parle plutôt de « complots ». Alors, d’où viennent-ils et qui les fomentent-ils ? Mystère et boule de gomme. Les rumeurs les plus folles courent et font enfler la psychose au Burkina Faso.

http://www.afrik.com/article22484.html

Burkina Faso: le président Compaoré condamne l’action des militaires

Par RFI

La tension ne retombe pas au Burkina Faso où les militaires expriment leur colère, parfois violemment. Le président Blaise Compaoré est donc intervenu à la radio télévision publique ce mercredi après-midi 30 mars pour condamner les agissements des soldats. Il a cependant promis de recevoir « les représentants des différentes composantes des forces armées » ce jeudi. La semaine dernière, ces dernières protestaient contre la condamnation de certains soldats à des peines de prison mais depuis mardi, on peut dire qu’elles expriment un malaise plus profond dans tout le pays, jusque dans la capitale, Ouagadougou.

Le président burkinabé Blaise Compaoré. France 24
Alors que le maire de Ouagadougou, Simon Compaoré, a été agressé dans la nuit de mardi à mercredi 30 mars 2011, une source proche de celui-ci accuse les militaires de la caserne Lamizana, qui ont tiré en l’air jusqu’au petit matin dans la capitale.

Son porte-parole, lui, préfère attendre les résultats de l’enquête mais confirme les impacts de balles sur la façade de la résidence du maire, qui est par ailleurs numéro trois du parti présidentiel. Ses premiers bilans médicaux sont rassurants.

Au cours de la même nuit, la demeure du chef d’état-major, Dominique Djindjéré, a été incendié.

Le président prend la parole

Des soldats sont également sortis de leur caserne ce mercredi matin à Fada N’Gourma. Ils ont défié les gendarmes et les forces de la garde présidentielle, venues de la capitale pour rétablir l’ordre suite à la mutinerie de soldats dans cette ville, à plus de deux cents kilomètres à l’Est de la capitale. Les forces ne sont pas intervenues suite aux tirs afin d’éviter un affrontement sanglant, ont indiqué à RFI les autorités locales.

Enfin, dans le sud-ouest du pays, plus précisément à Gaoua, des militaires ont également perturbé la nuit des habitants, tirant en l’air dans les rues de ce chef-lieu.

Le président Blaise Compaoré est donc intervenu à la radio télévision publique ce mercredi après-midi pour condamner les agissements des soldats, « contraires à l’éthique et à la discipline militaire ». Blaise Compaoré a par ailleurs annoncé une série de concertations dès ce jeudi 31 mars avec les différentes composantes de l’armée. Il s’agissait de sa première intervention sur le malaise et la fronde qui se répandent de caserne en caserne au Burkina.

http://www.rfi.fr/afrique/20110330-burkina-faso-le-president-compaore-condamne-action-militaires-prolonge

Burkina Faso : Blaise Compaoré prêt à discuter avec les mutins

directscoop OUAGADOUGOU – Le président burkinabè Blaise Compaoré a reconnu, mercredi que son pays traversait une crise, lors d’un « discours à la nation » à la télévision Burkinabè et a souhaité discuter avec les mutins.

« Ces derniers jours, des éléments des Forces armées nationales, refusant de se soumettre à des décisions de justice, se sont emparés d’armes de guerre et de munitions pour terroriser les populations et se livrer à des actes de pillage », a déclaré le Président Burkinabè affirmant que « le Gouvernement a entrepris des actions et mesures d’apaisement et mis en place un dispositif de soutien et de dédommagement financier des victimes ».

Le Chef de l’Etat Burkinabè a réaffirmé « les excuses » du commandement militaire « aux populations ainsi qu’à l’ensemble des acteurs du monde de la justice ».

Des heurts avaient éclatés mercredi dans la capitale et diverses sources concordantes avaient annoncé le maire de la ville de Ouagadougou, Simon Compaoré, pour mort. Plusieurs témoins sur place ont indiqué dans la soirée l’avoir rencontré «légèrement blessé mais en bonne santé ».

«Le discours du président (Blaise Compaoré, ndlr) intervient dans un souci d’apaisement » a indiqué une source proche de la présidence burkinabèe précisant que Blaise Compaoré a invité les mutins à la table de discussion. « Les décisions consensuelles issues de ces concertations seront immédiatement appliquées », a souligné le président Burkinabè dans son discours.

Des coups de feu avaient été entendus dans la nuit, mardi 22 mars, à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, où des soldats étaient en mouvement de contestation. Cette première manifestation faisait suite à une altercation au cours de laquelle, cinq militaires condamnés, avaient été jugés coupables de brutalités sur des populations civiles au mois de février 2011.

Pour manifester leur mécontentement, des militaires s’étaient appropriés un dépôt d’armes au Camp Sangoulé Lamizana à Gounghin qui abrite également les locaux de la Justice militaire ou le procès a eu lieu et où certains de leurs camarades étaient détenus.

Les magistrats et auxiliaires de justice ont entamé depuis vendredi 25 mars une grève illimitée pour protester contre ces actions des militaires.

http://directscoop.net/2011/03/30/blaise-compaore-pret-a-discuter-avec-les-mutins/

Burkina Faso : le maire d’Ouagadougou, blessé par des mutins

Des militaires se sont mutinés après une  décision de justice à l'encontre de cinq des leurs
Des militaires se sont mutinés après une décision de justice à l’encontre de cinq des leurs

Des bruits de bottes continuent de retentir àOuagadougou, la capitale du Burkina Faso, où des militaires conduisent une véritable mutinerie. Ils ont tiré plusieurs coups de feu en l’air, dans la nuit de mardi à mercredi selon des habitants.Les soldats ont également incendié et pillé, la résidence du chef d’état-major général des forces armées, celles du ministre de la Sécurité et du maire de Ouagadougou

Simon Compaoré, le maire de Ouagadougou, a été blessé lors de la mise à sac de son domicile, par des militaires mécontents, venus du camp Sangoulé Lamizana, qui se trouve à l’est de la capitale, selon son entourage, qui a également précisé qu’ »il est en train de faire des examens dans une clinique« .
Certains habitants ont toutefois indiqué que les mutins, n’ont rien cassé dans la ville et ont juste tiré en l’air toute la nuit, avant de repartir dans les quartiers.

Cela fait déjà une semaine, des militaires manifestent au Burkina Faso, armes à la main, tirant en l’air, pour protester contre la condamnation judiciaire de cinq des leurs, accusés de violences sur un civil. La libération de leurs camarades n’a de toute évidence pas suffit, à les faire revenir à des meilleurs sentiments, pas plus que l’instauration d’un couvre-feu.

Le président burkinabè Blaise Compaoré est apparu hier mercredi à la télévision nationale, pour signifier qu’il allait rencontrer « les représentants des différentes composantes » et prendre « des mesures vigoureuses » pour ramener le calme.

D’après les résultats préliminaires proclamés hier jeudi, par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) au Burkina- Faso, le président sortant a été réélu dès le premier tour avec plus de 1,35 million des voix, soit 80,2% des suffrages exprimés.Blaise Compaoré, conserve donc son fauteuil présidentiel occupé depuis 23 ans. Si pour son directeur de campagne Assimi Koanda« les chiffres traduisent l’adhésion du peuple burkinabè au programme du président Blaise Compaoré. C’est un renouvellement de confiance, de loyauté et nous sommes satisfaits », c’est avis, n’est pas partagé par les candidats malheureux, dont quatre candidats sur les sept en lice, contestent la réélection du président sortant. 

Ils avaient dénoncé des fraudes avant même la publication des résultats. A la demande d’un partisan de l’opposition, le tribunal administratif de Ouagadougou avait examiné et jugé non conforme aux dispositions du code électoral, la carte électorale délivrée par la Commission électorale nationale indépendante : « en ce qu’elle ne contient ni la date ni le lieu de naissance de son titulaire ».

Le tribunal avait donc estimé que toutes les autres cartes électorales délivrées par l’organe et ne mentionnant pas le lieu et la date de naissance sont « illégales ». Une décision pour laquelle le président de la Céni, a annoncé avoir fait appel : « Nous avons immédiatement fait appel, ce qui suspend l’exécution de cette décision », a précisé son président Moussa Michel Tapsoba, qui a qualifié la décision du tribunal d’ « inique et aussi monstrueuse ».

Les observateurs africains quand à eux n’ont pas relevé de problèmes significatifs, lors de ce scrutin du 21 novembre dernier, où quelque 3,2 millions de burkinabè étaient appelées aux urnes, et dont le taux de participation a atteint 54,9%, contre 57,66% en 2005, selon le président de la Céni.

Agé de 59 ans, Blaise Compaoré briguait en principe son dernier mandat présidentiel, mais une parade de son parti, visant à modifier la constitution est envisagée, pour lui permettre de se représenter après 2015, une possibilité que l’intéressé n’a pas écarté, sans toutefois se prononcer explicitement.
http://www.grioo.com/ar,burkina-faso_blaise_compaore_rempile_des_le_premier_tour_,20111.html

 

Manifestation des militaires: Le maire de Ouaga, Simon Compaoré aurait été blessé

Comme une traînée de poudre, la rumeur s’est répandue à Ouagadougou: le domicile de Simon Compaoré, le maire de la capitale du Burkina, a été attaqué par des militaires dans la nuit du 29 au 30 mars 2011. Le maire a été blessé.

 

Le maire de Ouagadougou Simon Compaoré qui essayé des tirs des soldats
Le maire de Ouagadougou Simon Compaoré qui essuyé des tirs des soldats
Au 1393, Rue du pasteur Sana Kaboré où se trouve le domicile du maire de la commune de Ouagadougou Simon Compaoré, les curieux affluent. Des barrières et un dispositif de sécurité empêchent la foule de passer. A notre arrivée, nous croisons le ministre Salifou Sawadogo de l’Environnement et du Développement durable quittant les lieux, mine fermée, accompagné de Casimir Marin Ilboudo, le maire de l’arrondissement de Baskuy. «La famille a demandé de ne laisser personne entrer», nous répond l’un des éléments de la sécurité, posté sur les lieux. 

Les portes de la villa sont fermées, mais sur les murs et les vitres, les impacts des balles sont visibles. «La maison a été visitée. On a eu vraiment de la chance, sinon la situation aurait pu être plus catastrophique», nous confie un homme que nous avons abordé, qui était visiblement au parfum des choses, mais qui ne voulait pas en dire plus. Devant notre instance, il nous assure «qu’il (le maire, NDLR) se tordait de douleur» et que «ça va». Le maire a-t-il été blessé par balles et hospitalisé comme l’affirme la rumeur en ville? «J’ai appris au départ qu’il était à l’infirmerie de la présidence, mais actuellement, je ne sais pas où il est. Mais je peux vous dire que c’est comme ce que vous avez appris en ville», rétorque l’homme, avant de mettre fin à l’entretien.
Une officier de l’armée, contacté par Fasozine.com, a confirmé l’autre rumeur selon laquelle le domicile du chef d’Etat major général des armées, le général Dominique Djendéré, a également reçu la visite des militaires en colère qui l’on pillé et incendié.

En rappel, dans la nuit du 22 à 23 mars 2011 à Ouagadougou, des militaires ont manifesté à Ouagadougou pour exiger la libération de cinq des leurs condamnés par la justice dans une affaire de mœurs. Suite à leur manifestation -au cours de laquelle les soldats ont tiré des coups de feu en l’air-, ils ont obtenu gain de cause. Emboîtant le pas à leurs frères d’armes de Ouagadougou, les militaires de Fada N’gourma ont également libéré un de leurs collègues condamné pour viol. Dans la nuit du 29 au 30 mars, d’autres manifestations similaires ont eu lieu à Gaoua dans le sud est du Burkina Faso, et a Ouagadougou, où les militaires ont encore tiré des coups de feu en l’air.

Burkina Faso : Compaoré entre le marteau de l’armée et l’enclume de la Justice

Blaise Compaoré en revue avant un défilé militaire et civile (DR) 

La situation sociopolitique reste marquée par les mutineries de militaires et le mouvement des juges, des avocats et des greffiers. Si à Fada N’Gourma, le tête-à-tête entre la haute hiérarchie militaire conduite par le colonel-major Zagré et la soldatesque a permis de cerner leurs principales revendications, à Ouagadougou une assemblée générale des hommes de justice a réaffirmé le maintien de leur grève des procédures pour des raisons qu’on verra plus loin. Du coup, Blaise Compaoré, chef suprême des armées, d’une part, et président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), de l’autre, se trouve coincé entre le marteau de l’armée et l’enclume de la Justice.

Après donc Ouagadougou le 22 mars 2011, Fada N’Gourma aussi a été gagnée, comme on le sait déjà, par la mutinerie puisque des militaires ont pris des armes le 28 mars pour se faire entendre bruyamment et violemment, semant ainsi la panique dans toute la ville et saccageant le Palais de Justice qui n’a pas échappé à leur roquette.

Motif d’un tel mouvement d’humeur : la condamnation d’un de leurs frères d’armes pour une histoire de viol en février 2011. Mais après avoir libéré leur camarade, les bidasses ne sont pas retournés dans les casernes avec leur trophée de guerre. Bien au contraire, la mutinerie s’est poursuivie par une descente sur les villes de Koupéla et de Tenkodogo à bord de véhicules qu’ils ont retirés et dont ils ont fait le plein de carburant.

Pendant ce temps, les Fadalais se terraient dans leurs maisons, la peur au ventre, ne sachant pas jusqu’où irait cette vadrouille armée de la soldatesque. L’onde de choc de cette psychose a été ressentie jusqu’à Ouagadougou où les rumeurs les plus folles faisaient état de ce que les troufions marcheraient sur la capitale et qu’il en serait de même d’éléments de Dédougou.

Du coup, ce fut la course contre la montre ou plutôt vers les stations d’essence suite à une autre rumeur faisant, elle, état d’une grève des essenceries le lendemain, mardi 29 mars 2011. Les représentants des pétroliers ont beau se succéder à la télévision pour rassurer les consommateurs du contraire, rien n’y fit puisque jusque tard la nuit, c’était le branle-bas autour des pompes.

Comme on le voit, c’est le temps des rumeurs et des fausses alertes amplifiées par les extraordinaires possibilités qu’offrent aujourd’hui les nouveaux moyens de communication car hier matin, les stations-service ont ouvert comme à l’accoutumée.

Mais quid de Fada ? Dans la cité de Yendabli, la quiétude n’était pas au rendez-vous mardi matin. Des éléments du 32e RIC et du Groupement des Blindés étaient toujours dans la rue, après une pause de quelques heures au cours de la nuit. Selon des témoins joints au téléphone, des tirs d’armes légères et des détonations d’armes plus lourdes se faisaient entendre sporadiquement.

En fin de matinée, les mutins s’étaient retirés à l’école Bogui, à quelques encablures de Fada, sur la route de Niamey où ils ont installé leur QG. En début d’après-midi, une délégation de la haute hiérarchie militaire conduite par le colonel-major Zagré a rencontré les mutins.

Rien n’a filtré de ce tête-à-tête et on ignore leurs revendications mais les principales, selon certaines sources, tourneraient autour de la délocalisation des deux camps à Ouaga, du départ de leurs chefs à savoir le colonel Emmanuel Poda du Groupement des Blindés et le commandant Daouda Millogo du 32e RIC, et des indemnités de logement.

Revenons dans la capitale où une assemblée générale de plus de 400 magistrats s’est tenue à l’effet de savoir quelle suite donner à leur grève des procédures déclenchée depuis le saccage du Palais de justice de Ouaga par les mutins du 22 mars. Séance tenante, ne voilà-t-il pas la nouvelle qu’une roquette venait d’être tirée par les mutins de Fada sur le Palais de Céans.

Percevant à juste titre un tel acte comme une provocation ou, à tout le moins, comme une circonstance aggravante, les magistrats ont décidé de poursuivre le mouvement jusqu’à la satisfaction de leurs revendications, à savoir la réincarcération des militaires condamnés dans les maisons d’arrêt, la prise de mesure pour la sécurité des palais et des personnels judiciaires et la convocation sans délai d’un conseil supérieur de la magistrature.

Adama Ouédraogo Damiss © L’Observateur Paalga

http://www.afriscoop.net/journal/spip.php?article3374

Mutineries en cascade au Faso: rencontre capitale demain entre les chefs militaires

Article de la rédaction de Koaci.com au Burkina Faso

Le président du Faso, Blaise Compaoré s’est adressé à la nation le 30 mars aux environs de 13h à travers un discours radio télévisé. Il a présenté ses condoléances aux victimes des manifestations qui ont secoué le pays depuis le 22 février derniers.

Le président a dit regretté « la nouvelle forme de revendications des militaires » et annoncé l’ouverture de discussions avec l’ensemble des garnisons du pays dès demain.
Les délégations des régions militaires vont donc être reçues demain pour examiner le malaise qui ronge l’armée nationale.

Le 22 mars, les militaires de trois camps militaires de la ville de Ouagadougou ont pris la ville en otage tirant en l’air et saccageant des magasins. Le 27 mars, c’était au tour de la garnison de Fada dans l’Est du pays de se soulever. Alors que les négociations avaient permis de faire cesser les tirs et de rassembler l’armement des mutins le temps de voir venir les solutions à leurs revendications, cette nuit ,la ville de Gaoua dans le Sud ouest du pays est entrée à son tour dans la danse en soutien à la garnison de Fada. Des magasins ont été pillés. On note deux blessés : un civil et un militaire.

Dans la même nuit, à Ouagadougou, les mutins sont à nouveau sortis. Cette fois ci, leur cible était le maire de la ville dont le domicile a été saccagé. L’homme qui est également le secrétaire général du CDP (Parti au pouvoir a été physiquement agressé par les militaires. Le domicile du chef d’état major général des armées, le général Dominique Djindéré a été également la cible des mutins.

C’est dans ce contexte que le président Compaoré a fait son discours et appelé au calme et à l’ouverture de concertations pour reformer le pays : « C’est dans le but de promouvoir ces valeurs que j’ai invité l’ensemble des acteurs politiques à mûrir la réflexion sur les réformes indispensables à l’approfondissement de la démocratie, au raffermissement de notre système de gouvernance politique et institutionnelle.
Les décisions consensuelles issues de ces concertations seront immédiatement appliquées pour conforter nos acquis ».
Les premières réactions à ce discours sont mitigées. On a noté la volonté du chef de l’Etat de réparer tout les dégâts commis sur les citoyens. Sa volonté de rendre justice est également ressortie dans le discours à la nation. Mais, certaines personnes s’attendaient à des décisions plus précises et énergiques. Comment cette adresse du président a-t-été reçue par les militaires ? Wait and see.
Dans les coulisses, on annonce la démission probable du chef d’Etat major des armées.

Hasanata, Koaci.com Ouagadougou

http://www.koaci.com/index.php?k=main&koaci=actualite_info&numero_article=68027

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