À qui profitent les ressources minières en Afrique?

Afrique Expansion

Ressources Minières en Afrique

L’Afrique, c’est 89% des réserves mondiales de platine, 81% de chrome, 61% de manganèse et 60% de cobalt. Avec le pétrole, ces réserves minières permettent la diversification des risques et sont nécessaires à la puissance des pays industrialisés et, désormais, émergents comme la Chine et l’Inde. Mais les pays africains les plus riches en ressources sont aussi, souvent, les moins développés. Pour beaucoup, la mauvaise gestion des revenus de ces ressources en serait la cause. Mais au-delà de cela, il y a lieu de se demander si la part qui leur revient est juste et équitable.

Vous trouverez à l’intérieur de ce dossier : (lien)

  • Les ressources minières les plus convoitées du continent africain
  • La part de leur production à l’échelle mondiale
  • Les principaux acteurs, entreprises étrangères qui opèrent dans ce domaine
  • Répartition des investissements étrangers dans l’exploitation minière en Afrique…

Voir aussi: Minerals Information

Map of Africa

À qui profitent les mines en Afrique?

Abondamment pourvue de ressources minières, l’Afrique occupe les premières places au niveau de la production dans ce secteur qui est marqué depuis le début des années 2000, par une hausse continue des investissements étrangers, venant notamment des pays du BRIC comme la Chine, très en demande des ressources minières africaines.

Le continent africain est ainsi aperçu par ces nouvelles puissances émergentes comme une source privilégiée des matériaux dont elles ont besoin pour leurs industries. Ce qui représente pour les pays détenteurs de ces ressources, une réelle opportunité à ne pas laisser passer et un eldorado pour les petites et grandes compagnies minières européennes, nord-américaines (notamment canadiennes) et chinoises bien sûr.

Malheureusement, les espoirs que les pays africains ont pu mettre dans l’exploitation de leurs ressources naturelles et minières, comme instrument de croissance et de développement économique, ne se sont pas concrétisés. En effet, le cadre financier et juridique dans lequel ont été négociés les contrats sur les mines et les métaux, dans la plupart de ces pays, sert d’abord et avant tout les intérêts de ces compagnies minières et investisseurs étrangers dans la mesure où les profits générés sont très souvent transférés dans les pays d’origine de ces derniers. Ainsi, au Ghana, le gouvernement a favorisé une exploitation accrue de ses ressources naturelles et minières par des mesures « attrayantes » pour les entreprises étrangères. Des mesures qui leur accordent par exemple des exonérations fiscales valables jusqu’à 20 ans voire 30 ans, exigent un faible taux de dividendes, leur permettent de rapatrier dans leur pays 100 % des capitaux, etc. Par ailleurs, le Burkina Faso a confié la direction de l’exploitation de sa plus grande mine d’or (avec des ressources estimées à 120 tonnes) découverte récemment par les Canadiens qui ont investi 450 millions de dollars pour sa construction. Selon les prévisions des autorités burkinabés, ce gisement d’or devrait rapporter au trésor public, durant la prochaine décennie, un peu plus de 500 millions de dollars en royalties, impôts et taxes diverses, en plus des multiples opportunités qu’il va offrir comme « la création de 1 300 emplois directs et 300 emplois indirects, la construction d’écoles, de 1 666 logements et 165 boutiques pour la réinstallation des populations déplacées ». Seulement voilà, cette mine est officiellement la propriété de la société canadienne Iamgold Corporation qui détient 90% des parts contre 10% pour l’État burkinabè. Ainsi, une fois de plus, c’est une compagnie étrangère qui devient actionnaire majoritaire d’une mine africaine, privant le pays de son droit d’être propriétaire de ses ressources naturelles.

Mais depuis quelque temps, il semble y avoir une prise de conscience sur le continent africain. Certains États cherchent en effet à imposer désormais leurs règles à ces compagnies minières internationales ou à négocier au mieux de leurs intérêts, les contrats qui les lient à elles, en développant une meilleure planification de l’investissement des revenus miniers et de meilleurs partenariats. C’est le cas par exemple de la Tanzanie qui a mis en place une commission pour examiner comment définir des contrats miniers qui profitent mieux à tous. Et sur les recommandations de cette dernière, les compagnies minières AngloGold (Afrique du Sud), Barrick (Canada) et Resolute Mining Limited (Australie) ont accepté de payer directement aux autorités locales des régions où les mines sont situées, des redevances annuelles équivalant à 200 000 dollars, plus 125 000 dollars supplémentaires qui seront versés tous les ans à un « fonds d’autonomisation » qui financera des projets de développement nationaux. Il était temps que ce gouvernement réagisse quand on sait que le total des impôts payés par l’ensemble des compagnies minières représentait par exemple moins de la moitié de ceux payés à elle seule par la brasserie locale, Tanzania Breweries, alors même que le secteur minier représente près de la moitié des exportations tanzaniennes.

De même, au Liberia, le gouvernement vient de réviser complètement les principaux contrats miniers en vigueur. Ainsi, le groupe indien de la sidérurgie Arcelor Mittal a vu son contrat complètement révisé. Le nouveau contrat résilie entre autres, les clauses qui affranchissaient la compagnie des lois libériennes sur l’environnement et le respect des droits de l’homme, abolit certaines exonérations fiscales temporaires et exige l’indemnisation des populations touchées par l’exploitation minière. Par ailleurs, selon de nouvelles réglementations zimbabwéennes, toutes les entreprises étrangères possédant des mines dans le pays devront céder la majorité de leurs parts dans les six prochains mois.

Pour autant, de meilleurs contrats ne suffisent pas, selon certains experts, à garantir que les citoyens tirent réellement profit de leurs richesses naturelles. La corruption, le manque de transparence et l’absence de législation claire concernant la distribution des revenus miniers peuvent également selon eux freiner les bénéfices pour le développement.

http://www.afriqueexpansion.com/produits-africains-/1960-a-qui-profitent-les-mines-en-afrique.html

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