Radioactivité : la France ne dit pas tout – l’IRSN et la Criirad ne s’accordent pas

La transparence affichée par les autorités françaises sur le niveau de radioactivité suite à la catastrophe de Fukushima Daiichi est-elle réelle ? Plutôt mesurée depuis le début de cette crise, la Commission indépendante sur la radioactivité hausse le ton et demande à la France de rendre publics tous les résultats d’analyse du réseau international du CTBTO.

Alors que les masses d’air contaminé ont été détectées en Islande, en Suède, en Finlande et en Allemagne, la Criirad dénonce « les dissimulations » du Département de l’Energie des Etats-Unis. La commission réitère son appel à se mobiliser afin sur tous les résultats d’analyse du réseau du CTBTO soient rendus publics et dénonce les Etats qui s’y opposent, comme la France.

Pour la Criirad, chaque citoyen doit connaitre l’identité de ceux qui le privent d’informations fiables sur le niveau de radioactivité de l’air qu’il respire. La commission a lancé mercredi un appel international pour que soient rendus publics tous les résultats d’analyse de la radioactivité de l’air. L’appel concernait tout particulièrement les données du réseau international mis en place dans la cadre du Traité d’Interdiction Complète des Essais nucléaires (TICE ou CTBT).

TOUS les chiffres

Ayant en effet mission de détecter toute élévation de la radioactivité de l’air susceptible d’indiquer qu’un essai nucléaire a été effectué en violation du traité, les laboratoires du réseau sont équipés d’instruments de détection très performants et répartis sur l’ensemble de la planète. Chaque Etat a accès aux résultats de l’ensemble du réseau ; les résultats d’analyse lui sont envoyés quotidiennement.

La Criirad ne demande pas la publication de quelques chiffres, dûment sélectionnés par les gouvernements et leurs experts, mais veut tous les chiffres. La commission indépendante affirme que le Département de l’Energie américain a rendu publics des résultats qui ne rendent pas compte de la réalité de la contamination.

Ainsi, l’évolution de l’activité de l’air en iode dans la région de Sacramento serait préoccupante. Pourtant les Etats-Unis n’en feraient toujours pas mention dans les informations diffusées, malgré des relevés traduisant une forte hausse de la radioactivitédepuis plusieurs jours.

Plus précisément, la contamination en iode 131 aurait dépassé 4 mBq/m3, puis 10 mBq/m3 dans la nuit du 18 au 19 mars, une valeur 60 fois supérieure à celle de l’avant-veille. L’activité de l’iode 131 dans l’air de Sacramento serait restée supérieure à 1 mBq/m3 au moins jusqu’au 23 mars dernier, sans que le Département américain de l’Energie ne l’ait mentionné auprès du public.

La Criirad demande la publication de l’intégralité des données de tous les laboratoires du réseau du CTBTO : résultats jour par jour, pour tous les radionucléides mesurés, pour toutes les stations de mesure, aux Etats-Unis comme dans les autres pays, et ce depuis le 10 mars 2011 afin de disposer de valeurs de référence.

Forte hausse de la radioactivité à Sacramento

L’iode 131 n’est que l’un des nombreux radionucléides présents dans l’air. La commission indépendante basée à Valence souhaiterait par exemple connaître l’évolution de l’activité du xénon 133 enregistrée à 100 mBq/m3 par le Laboratoire National du Pacifique Nord-Ouest, dans l’Etat de Washington, entre le 16 et le 17 mars. Il s’agit d’un gaz rare radioactif, qui est généré par les fissions qui se produisent au sein des réacteurs et qui est nécessairement présent dans les rejets radioactifs de Fukushima Daiichi.

Si l’information est confisquée alors que les niveaux de risque radiologique sur les pays occidentaux sont, à ce jour, relativement faibles, que se passera-t-il lorsque les enjeux économiques et sanitaires seront majeurs, s’interroge très justement la Criirad ? Il faut donc obtenir « une transparence totale et permanente » sur les résultats d’analyse du réseau international de contrôle de l’air affirme la commission.

Alors que l’ASN par la voix de son représentant André-Claude Lacoste, reconnaît que la situation au Japon demeure « extrêmement grave », l’appel de la Criirad à la transparence totale de la France vis-à-vis des niveaux de radioactivité est plus que jamais d’actualité.

Pour en savoir + : Site CTBTO

http://www.enviro2b.com/2011/03/25/radioactivite-la-france-ne-dit-pas-tout/

Radioactivité en France : l’IRSN et la Criirad ne s’accordent pas

 

Alors que l’Institut  de radioprotection et de sûreté nucléaire, IRSN,  a confirmé la passage du nuage radioactif venant du Japon au-dessus de la France, il confirme également que les niveaux de radioactivitéenregistrés lors de ce passage sont sans danger pour la santé ou l’environnement. Des affirmations contestées par la CRIIRAD

Les nouveaux relevés de l’IRSN confirment bien le passage du nuage radioactif en provenance du Japon au-dessus de l’Hexagone en fin de semaine dernière. Des traces d’iode radioactif 131 ont bien été constatées dans les stations de prélèvements de l’Institut à Cherbourg, ainsi qu’à Orsay dans l’Essonne, puis dans le Puy-de-Dôme samedi. Néanmoins, aucune trace de césium 137, autre élément radioactif échappé de la centrale de Fukushima. S’agissant de cette substance, l’IRSN explique que sa « concentration dans l’air reste encore inférieure aux limites de détection« .

Fort de ces relevés, l’IRSN confirme alors que le passage de ce nuage venant du Japon est sans danger pour la santé humaine ou l’environnement.  « Les niveaux de concentration sont conformes à ce que nous avions estimé, et même un peu pus bas. Et ce que nous avions dit sur l’absence de risque pour la santé, nous le confirmons » annonçait Didier Champion, le directeur de l’environnement et de la prévention à l’IRSN, sur Europe 1 ce week-end.

La CRIIRAD demande des mesures complémentaires

« Quand nous disons qu’il n’y a pas de risque pour la santé, nous tenons compte du fait que cela pourrait durer plusieurs jours voire semaines. L’exposition cumulée à cette faible radioactivité et les dépôts qui pourraient se produire sur les végétaux sont tellement faibles que ça ne représenterait que des doses insignifiantes pour la santé« , ajoute-t-il, confiant.

La CRIIRAD, organisme indépendant de surveillance nucléaire, émet toutefois des réserves quant aux relevés effectués par l’IRSN. En effet, dans un communiqué, ces spécialistes expliquent que « l’air a été échantillonné à partir d’un filtre à aérosols qui ne permet pas de piéger l’iode présent dans l’air sous forme gazeuse« . Or, cet iode gazeux pourrait selon eux « constituer une part importante, probablement majoritaire, de l’iode radioactif présent« . La CRIIRAD estime alors que des mesures complémentaires sont nécessaires afin de confirmer ou non les niveaux de radioactivité enregistrés en France.

http://www.enviro2b.com/2011/03/28/radioactivite-en-france-lirsn-et-la-criirad-ne-saccordent-pas/

 

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