Médecins sans frontières: «L’accès aux soins gravement menacé» en Côte d’Ivoire


Dans l’hôpital d’Abobo Sud, en Côte d’Ivoire, le 3 mars 2011.
© Chibuzo Okanta / MSF

Voir aussi: Embargo en Côte d’Ivoire – sur les médicaments – Le crime silencieux de l’Union européenne : sur : http://actualutte.info/?p=2889 par Tomasz.Daniel

Médecins sans frontières: «L’accès aux soins gravement menacé» en Côte d’Ivoire

VidéoInterview du Dr Okanta, médecin de retour de Côte d’Ivoire


VidéoRéfugiés ivoiriens au Liberia


slateafrique La situation en Côte d’Ivoire préoccupe Médecins sans frontières (MSF). Dans un rapport paru jeudi 24 mars, l’ONG s’inquiète des conséquences de la «nouvelle spirale de violence» qui frappe le pays.

Les difficultés rencontrées par les populations, prises dans l’étau du conflit, pour accéder aux soins y sont notamment pointées du doigt.

«Confronté à l’insécurité comme le reste de la population, le personnel médical fuit les établissements de santé des zones de conflit. A ce problème s’ajoute une pénurie de médicaments, compliquant d’autant l’accès aux soins de santé des populations», écrit MSF.

A Abidjan, seul l’hôpital d’Abobo Sud fonctionne. Les six autres que compte la capitale économique ivoirienne «ont vu partir la quasi-totalité du personnel de santé», précise le rapport.

Dr Okanta Chibuzo, médecin urgentiste à MSF de retour d’Abidjan, témoigne:

«Tous les jours, nous entendons des tirs à Abobo. Nous recevons chaque jour 10 à 15 blessés.»

La crise ne touche pas que la capitale économique ivoirienne. Dans l’Ouest du pays, «certains centres de santé ont été pillés, d’autres ne fonctionnent plus ou à peine, faute de personnel de santé mais aussi de médicaments et de matériel médical», explique Renzo Fricke, coordinateur des urgences à MSF.

L’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s’alarmait déjà le 21 mars de l’exode massif qui frappe la Côte d’Ivoire. Des mouvements de populations qui se sont notamment intensifiés à Abidjan, depuis l’appel lancé aux civils samedi 19 mars par le jeune leader Charles Blé Goudé pour rejoindre les rangs des forces armées loyales au candidat président Laurent Gbagbo.

Selon le HCR, plus d’un million de personnes ont quitté leur foyer depuis le début de la crise.

Lu sur MSFUNHCR

msf.fr

Violences en Côte d’Ivoire – L’accès aux soins gravement menacé

La Côte d’Ivoire est entrée dans une nouvelle spirale de violence, mettant en péril l’accès aux soins pour les populations, ce qui inquiète Médecins Sans Frontières (MSF).

Paris, le 25 mars 2011. Les affrontements dans des quartiers d’Abidjan et dans l’ouest du pays jettent sur les routes des milliers de personnes alors que les combats se sont radicalisés depuis un mois. Confronté à l’insécurité comme le reste de la population, le personnel médical fuit les établissements de santé des zones de conflit. A ce problème s’ajoute une pénurie de médicaments, compliquant d’autant l’accès aux soins de santé des populations.

A Abidjan, selon les autorités sanitaires, six hôpitaux ont vu partir la quasi-totalité du personnel de santé à cause de l’insécurité. Un seul hôpital est de nouveau fonctionnel : celui d’Abobo Sud où, depuis fin février, Médecins Sans Frontières prend en charge les urgences médicales et chirurgicales en collaboration avec le ministère de la Santé. Dans cet hôpital, les équipes médicales ont reçu 273 patients aux urgences en trois semaines, dont 225 blessés par balle. Des enfants et des femmes ont succombé à leurs blessures.

« Tous les jours, nous entendons des tirs à Abobo, observe le Dr Chibuzo Okanta, médecin urgentiste à MSF de retour d’Abidjan. Nous recevons chaque jour 10 à 15 blessés. » Le 17 mars, une attaque a été lancée sur le marché d’Abobo, faisant de très nombreux blessés. Ce jour-là, les équipes MSF en collaboration avec le ministère de la Santé ont soigné 66 blessés par balle ou éclat d’obus sans qu’aucun d’entre eux ait pu être amené en ambulance. « Certains blessés ont été amenés dans des camions qui transportent habituellement des produits alimentaires. Tous étaient des cas urgents à soigner. »

Quant aux patients souffrant de pathologies courantes, ils ont aussi besoin de soins. Or l’accès aux soins est très restreint, notamment pour les maladies infantiles aiguës, les femmes enceintes et les personnes atteintes de maladies chroniques. Les patients ont aussi peur de sortir pour aller consulter. Autre conséquence de la flambée de violence en Côte d’Ivoire, les populations partent se réfugier dans des lieux qu’elles croient plus sûrs. A Abidjan, les habitants fuient en masse pour s’installer sur des sites d’accueil improvisés ou rejoindre leur village d’origine.

Dans l’Ouest, les mouvements de populations avaient commencé dès décembre. Des dizaines de milliers d’Ivoiriens sont réfugiés au Liberia voisin où des équipes mobiles de MSF dispensent des soins. Certes un mouvement de retour s’est amorcé dans quelques localités au sud de Danané. Mais plus au sud, la ligne de front se déplace, les combats s’intensifient dans la région de Guiglo et les habitants n’ont d’autre choix que de fuir.

Pour les populations dans l’Ouest, l’accès aux soins est aussi un réel problème. « Certains centres de santé ont été pillés, d’autres ne fonctionnent plus ou à peine, faute de personnel de santé mais aussi de médicaments et de matériel médical », explique Renzo Fricke, coordinateur des urgences à MSF. Car la paralysie du système bancaire et des réseaux commerciaux conjuguée aux difficultés de transports perturbe considérablement le système d’approvisionnement en médicaments dans différentes régions. Face à cette situation, les équipes de MSF dispensent des soins de santé primaire dans plusieurs localités de l’ouest de la Côte d’Ivoire de part et d’autre de la ligne de front et apportent un soutien à plusieurs hôpitaux. Mais les tensions liées à la proximité des lignes de front compliquent les déplacements des équipes.
MSF est une organisation médicale humanitaire qui intervient en toute impartialité, dans le strict respect de la neutralité. Ses activités en Côte d’Ivoire sont exclusivement financées par des donateurs privés, ce qui lui assure une totale indépendance.

MSF est présente à Abidjan où ses équipes prennent en charge les urgences. Dans l’Ouest du pays, elles dispensent des soins de santé primaire à Duékoué, Guiglo, Bangolo et Bin-Houyé et fournissent un appui aux hôpitaux. Enfin au Liberia, MSF dispense des soins de santé primaire dans le comté de Nimba.

Les équipes MSF comptent en Côte d’Ivoire 35 expatriés et 135 Ivoiriens et au Liberia 5 expatriés et 25 Libériens.

Contacts presse :
Samuel Hanryon – samuel.hanryon@paris.msf.org – 01 40 21 28 23
Brigitte Breuillac – brigitte.breuillac@paris.msf.org – 01 40 21 29 68

D’autres images vidéos libres de droit sont à votre disposition.

Contactez Samuel Hanryon

http://www.msf.fr/2011/03/24/1987/violences-en-cote-divoire-lacces-aux-soins-gravement-menace/

Publicités
Galerie | Cet article, publié dans Afrique, est tagué , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s