TOGO: La marche du Frac réprimée, un député arrêté

TOGO: La marche du Frac réprimée, un député arrêté

Sous Titikpina comme sous le colonel Latta, quand le Rpt dit non, c’est non (Photo archive – DR) 

(AfriSCOOP Lomé) — Elle n’a jamais commencé. Elle, c’est la manifestation pacifique du Frac (Front républicain pour l’alternance et le changement) qui était prévue pour se tenir ce 17 mars 2011, pour décrier « le projet de loi Bodjona », censé donner un cadre juridique à l’organisation pacifique de marches et de réunions au Togo.

Le quartier de Bè a connu de nouveau ce 17 mars les faits et gestes insurrectionnels dont il est coutumier. Tôt dans la matinée de ce jeudi, des cordons de la gendarmerie ont bouclé le lieu où devait s’ébranler la manifestation du Frac : Bè-Kondjindji ! « Dispersez-vous, c’est l’heure à laquelle les paisibles citoyens vaquent à leur occupation », a lancé un responsable des gendarmes déployés à Bè-Kondjindji, raconte un témoin. « C’était un peu après 8h », poursuit notre source.

Vers neuf heures, des barricades et des pneus brûlés ont commencé à faire leur apparition dans le décor de Bè. Sans aucun ménagement, diverses jeeps de la gendarmerie se lancent à l’assaut des frondeurs. Les tirs de gaz lacrymogènes commencent alors à résonner. Leur résonance provoque la fermeture illico presto des boutiques et petits commerces installés le long du « Boulevard Nda » par-ci, des courses folles de certains habitants de ce quartier par-là. Va alors s’engager un jeu du chat et de la souris entre frondeurs et gendarmes. Les premiers réinstallaient les barricades chaque fois que les seconds s’efforçaient de les dégager. Vers 10h, d’épaisses fumées provenant de pneus brûlés envahissent le ciel du cœur de Bè. Entre des regards furtifs de quelques badauds qui osaient encore mettre leur nez dehors, les gendarmes poursuivaient leur ronde, entre deux tirs de gaz lacrymogènes et des courses poursuites derrière de jeunes téméraires de Bè qui n’hésitaient pas à répondre aux tirs de gaz avec des jets de pierre, les unes plus grosses que les autres. « Nous allons remettre ça demain, ce n’est que partie remise », lancent ici et là quelques habitants de ce quartier, visiblement ulcérés par la répression des gendarmes. D’autres encore, sont plus catégoriques et radicaux : « Il n’y a qu’une seule solution à la résolution de la lancinante crise politique togolaise : il faut des armes pour mettre fin au combat de David contre Goliath ». Toujours vers 10h, des confrères verront arriver vers Bè-Kondjindji un véhicule dans lequel se trouvaient Jean-Pierre Fabre et certains responsables du Frac. Cette automobile bifurquera à l’approche du point de départ de cette marche, pour ne plus réapparaître ce matin…

Le Frac prépare une riposte ?

Au niveau du Frac, on affirme que les autorités togolaises ne leur ont jamais interdit la tenue de la marche qui était programmée sur ce jeudi. « La direction du Frac sera en réunion dans les prochaines heures. Des concertations dans l’entourage du Front » auront lieu pour plancher sur l’attitude à adopter devant cette donne, nous a confié le Secrétaire national à la Communication de l’Anc, Eric Dupuy.

Côté bilan, M. Dupuy a fait savoir que « M. Amorin (Conseiller spécial à l’Anc) a été blessé lors des évènements de ce matin. Adeblewou Olympio (Secrétaire national à l’organisation de l’Anc et député) a été de son côté arrêté ». « La grande marche pacifique de ce 17 mars » avait pour itinéraire Bè-Kondjindji-siège de l’Assemblée nationale, en passant par les locaux du ministère de l’Administration territoriale de Pascal Bodjona.

Opération Lomé sans pneus à la veille d’une marche de protestation

http://koaci.com/index.php?k=main&koaci=actualite_info&numero_article=67766

Le moins qu’on puisse dire, c’ est que la marche de protestation annoncée pour demain par le Front républicain pour alternance et le changement (Frac), provoque une panique auprès des autorités.

Le Frac et le Parti des Travailleurs organisent demain à Lomé, une grande marche de protestation contre le projet de loi sur les manifestations. Un projet jugé liberticide et pour laquelle, des organisations politiques comme de la société civile, citées par le Ministre Pascal Bodjona comme ayant pris part à sa rédaction, ont désavoué publiquement, le ministre.

Comme le Frac et le Parti des travailleurs, d’autres formations politiques telles Obuts de Agbéyomé Kodjo, RMC de Abass Kaboua pourtant proche du pouvoir, apportent leur soutien à cette marche tout comme la Ligue togolaise des droits de l’homme (Ltdh) ou encore Abej. Cette marche est donc l’occasion d’un embryon de front contre le pouvoir. Sur les radios privées ce matin, les populations annoncent leur massive participation à cette marche.

Du côté du pouvoir, il existe une interdiction de fait des manifestations sur la voie publique, qui est pratiquée depuis bientôt cinq ans. Une violation de la liberté de manifester, que les organisateurs entendent dénoncer également demain. Depuis ce matin, le pouvoir procède au convoiement des renforts aux forces de sécurité basées dans la capitale. Une opération qu’on pourrait dénommée « Lomé sans pneu » est exécutées dans les quartiers chauds de Lomé. Vulgarisateurs et autres mécaniciens en sont les victimes. Eux qui se voient enlever leurs pneus voire d’autres matériels de travail.

Généralement, les jeunes protestent contre les répressions des manifestations, en brûlant les pneus usés. Ce qui fait dire à certains Togolais que le pouvoir qui bien que n’ayant pas interdit la marche, prend des dispositions pour l’empêcher. Cet soir, une délégation du Frac à répondu à une invitation du Ministre Bodjona. A son retour, le Frac a annoncé lors d’une conférence de presse, que la marche est maintenue.
Cet après midi, un Front constitué par des organisations de la société civile, a été annoncé au public à travers une conférence de presse. Dénommée Front pour la sauvegarde des acquis de la lutte et la gouvernance efficiente (Fronsage) et dirigé par l’ancien ministre des droits de l’homme du gouvernement de transition, Me Jean Dégli, cette coalition de 7 organisations, rendu public un mémorandum. « Notre crédo, c’est le bien être des Togolais », affirmé l’ancien meneur des mouvements de revendications dans les années 1990.
Le Fronsage exige la tenue d’un dialogue sincère, des assises des partis de l’opposition, l’amélioration des conditions de travail et de vie des étudiants, les droits de la presse… Le Fronsage donne jusqu’au 12 avril au pouvoir, pour voir régler ces exigences.

L’annonce de la naissance de ce front, coïncide avec le 20ème anniversaire de la première marche contre le système-Rpt, le 16 mars 1991.

Les populations ont très tôt massivement répondu ce matin à l’appel à la marche du Frac. Une mobilisation qui a provoqué la panique des autorités qui ont ordonné l’étouffement de la marche.

Tôt dans la matinée, des groupes de jeunes se sont amassés de part et d’autre du terrain de Kodjindji, au quartier Bè. Des 4X4 de la gendarmerie, trois au total, y étaient stationnés. La foule grossissait considérablement. Les trois 4X4 décident de quitter les lieux. Au même moment, de gros camions de la gendarmerie convoyaient des renforts. D’autres éléments étaient postés à des points névralgiques de la capitale. La manifestation n’était pourtant pas officiellement interdite.

A un moment, le commandant de la gendarmerie qui dirigeait les opérations, ordonne que la voie soit libérée. Des responsables de l’Anc entreprennent des discussions avec l’officier de la gendarmerie. Ce dernier pris d’une nervosité subite, ordonne la dispersion des manifestants. Jean-Pierre Fabre et Kofi Yamgnane font entre temps leur apparition sur les lieux. Ils n’auront pas le temps de descendre de leur véhicule. Les gaz lacrymogène sont balancés dans tous les sens.

Des jeunes ripostent en brûlant des pneus. Ils sont infiltrés par des éléments armés qui sont en tenue civile et procèdent à leurs arrestations. Les mêmes miliciens font irruption dans les maisons, brutalisent les occupants et embarquent les moins chanceux. « Certains de ces éléments en civil, étaient même les initiateurs des barricades. On dirait que tout était prémédité pour provoquer des perturbations afin de susciter une répression policière », témoigne un habitant du quartier.
Le député Robert Olympio, membre du bureau exécutif de l’ANC, est arrêté et amené à la gendarmerie. Une information confirmée par des responsables de l’Anc. Claude Améganvi, leader du Parti des Travailleurs et co-organisateur de la manifestation, dénonce la répression brutale de la manifestation qui pourtant, ne fait l’objet d’aucune mesure d’interdiction.
Les échauffourées ont été concentrées essentiellement aux alentours de Kodjindji. On a noté de nombreux blessés dont un bébé, touché par l’éclat d’une bombe lacrymogène. Presque toutes les maisons situées aux alentours du terrain de Kodjindji, ont reçu abondamment de gaz lacrymogène.

On signale même, un début d’incendie dans une maison. Des apprentis mécaniciens ont été embarqués. Au sein de la population, l’indignation est à son comble. Les organisateurs prévoient une conférence de presse, pour faire le point de la situation.

Aghu, correspondant de Koaci.com à Lomé

http://www.afriscoop.net/journal/spip.php?article3291

Togo : La tenue de la manifestation du Frac empêchée !

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